top of page

La phytothérapie : utiliser les plantes médicinales à bon escient

  • elisavqtnaturo
  • 26 mai 2024
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 oct. 2024

DEFINITION

La phytothérapie correspond à l’utilisation des plantes médicinales.

Voici une définition du VIDAL que je trouve très intéressante et surtout scientifique.

 

La phytothérapie est décrite comme :

Une science très ancienne, qui n’est pas propre à l’espèce humaine. En effet, nombreuses sont les espèces animales - des insectes aux chimpanzés - qui savent choisir dans leur habitat les plantes utiles pour corriger des carences alimentaires ou soigner certaines maladies. Ainsi, il est tout à fait vraisemblable que l’utilisation des plantes à des fins thérapeutiques par l’homme ne soit que l’évolution de savoirs animaux dont l’origine nous échappe encore.

 

De part cet écrit, nous pouvons voir que la nature, dans son instinct sait utiliser des remèdes de façon naturelle.

Gardons en tête que nous sommes des Êtres de la nature et que notre fonctionnement n’est pas si différent de celle-ci.

 

On estime que plus de 500 000 espèces végétales poussent à la surface du globe, dont environ 250 000 sont actuellement répertoriées.

Parmi ces dernières, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une liste de plus de 22 000 plantes médicinales utilisées par les médecines traditionnelles.

2 000 à 3 000 d’entre elles ont fait l’objet d’études scientifiques, chimiques ou pharmacologiques.” – VIDAL

 

A la fin de l'article, vous pourrez retrouver quelques publications scientifiques concernant les plantes médicinales.

 

LES DIFFERENCES ENTRE PHYTOTHERAPIE ET AROMATHERAPIE

 

Il est impossible de comparer phytothérapie & aromathérapie.

Certaines plantes utilisées en infusion seraient toxiques sous forme d’huile essentielle et inversement.

 

Phytothérapie

→ se décline sous de nombreuses formes :tisanes, extraits secs, fluides, macérât, sirops etc..

Les extraits de plantes sont solubles dans de l’eau, de l’alcool, de la glycérine

 

Aromathérapie

 → est une branche de la phytothérapie mais qui s’intéresse à la partie volatile, éthérée de la plante.

 

LES FORMES GALENIQUES 

 

La forme galénique correspond à la forme sous laquelle va être administrée une plante.

Il est essentiel lorsque vous consommez une plante et ce peu importe sa forme de veiller à ce que celle-ci soit issue d’un terrain non pollué ou d’une agriculture biologique.

1/ LES TISANES : forme la plus traditionnelle, de nombreux siècles d’expérience


Le plus : permet d’extraire le mieux les principes actifs donc une grande efficacité, peu onéreuse

 

Le moins : prend un peu de temps à réaliser, n’est pas transportable, ne se conserve pas longtemps (3 jours au réfrigérateur)

 

Conseils pratiques pour une tisane optimale :

 

  •     Utiliser une eau de qualité

  •     Faire la tisane juste avant de la consommer

  •     Ne pas ajouter de sucre

  •     Respecter les doses de plantes et d’eau indiquées

 

Info : pour une plante fraîche, mettre 3 fois la dose de plante sèche et laisser infuser le double de temps.

 


2 /LA DECOCTION : pour les parties dures des plantes (écorces, racines, tiges, fruits, baies, etc...

Faire une décoction :

  •    Mettre la quantité de plante préconisée dans une casserole d’eau froide

  •     Porter à ébullition et laisser bouillir : 2 à 3 min pour les fruits, semances, feuilles coriaces et tiges, 5 à 10 min pour les racines, rizhomes, écorces.

  •     Retirer la casserole du feu et laisser infuser 5 à 10 min

  •     Filtrer et consommer !









 

3/LA MACERATION : lorsque la chaleur risque de détruire les principes actifs, quand la plante contient beaucoup de tanins



Faire une macération :

  •    Mettre la quantité de plante préconisée dans de l’eau froide dans un récipient opaque avec un couvert

  •     Laisser macérer au minimum 30 minutes jusqu’à plusieurs heures, remuer régulièrement.

  •     Filtrer en pressant les plantes pour en extraire le liquide

  •     Consommer

 

 






4/ TEINTURES MERES / EXTRAITS HYDROALCOOLIQUES : correspond à une macération de plantes fraîches ou sèches dans de l’alcool.




Le plus : pratique et rapide à consommer, nombreuses plantes disponibles sous cette forme, tarif encadré

 

Le moins : contient de l’alcool, de ce fait est contre-indiqué aux enfants, femmes enceintes et allaitantes, aux personnes souffrant d’alcoolisme, de troubles hépatiques sévères.











5/ EXTRAITS FLUIDES DE PLANTES FRAICHES STANDARDISES (EPS): fabriqué en extrayant successivement les principes actifs de la plante grâce à un solvant composé d’un mélange d’eau et d’éthanol. L’alcool est éliminé par évaporation, il reste uniquement le principe actif de la plante qui est stabilisé par un ajout glycériné.

 





Le plus : pratique, rapide à consommer, riche en principes actifs facilement assimilable, utilise la plante fraîche, plantes issues de culture biologie ou zones sauvages non polluées, ne contient pas d’alcool

 

Le moins : nombre de plantes limitées sous cette forme, coût relativement élevé.

 








6/ POUDRE DE PLANTE : obtenue par deux procédés ; le broyage mécanique et le cryobroyage

Le plus : pratique, rapide à prendre, riche en principes actifs, bonne biodisponibilité, permet d’avoir accès au totum(= la totalité) de la plante

 

Le moins : goût, texture

 

Mode de consommation :

–    mélangé à une compote, yaourt, soupe, jus de fruits

–    Saupoudré sur les aliments 

–    Sur la langue

–    En cataplasme pour l’usage externe

–    En infusion

–    Sous forme de gélules

 

7/ EXTRAITS SECS / GELULES ET COMPRIMES :

Les gélules sont fabriqués à partir de poudre de  plante. L’extrait sec est fabriqué en extrayant les principes actifs de la plante par macération ou lixiviation puis filtration et concentration pour obtenir un extrait liquide et pour terminer élimination du solvant par séchage.

Si le solvant utilisé pour la préparation est de l’eau, nous parlons d’un extrait aqueux.

Si le solvant utilisé est de l’alcool, nous obtenons un extrait sec hydroalcoolique.



Le plus : peut être très concentrée, forme pratique et rapide à consommer, faciliter à transporter

 

Le moins : pas toujours la forme la plus efficace, quantité de plante absorbée restreinte par rapport à la contenance de la gélule

8/ GEMMOTHERAPIE /MACERAT GLYCERINES DE BOURGEONS : la gemmothérapie utilise le tissu embryonnaire de la plante, c’est-à-dire le bourgeon avant que celle-ci ne se développe.


Le plus : certains bourgeons contiennent une plus forte concentration de principe actif que les plantes adultes, potentiel d’action plus large que les parties de plantes prises séparément

 

Le moins : utilisation récente, absence de publications scientifiques.

 

INDICATIONS PRINCIPALES EN PHYTOTHERAPIE ET EXEMPLE DE PLANTES 

 

Quelques exemples de plantes :

 

–    Antifongique : ail, olivier

–    Anti-infectieuse : thym,

–    Antibactérienne  : menthe, camphre,

–    Antivirale : mélisse, échinacée, ail, sureau, racine de réglisse, buis, camphre

–    Antihistaminique : plantain

–    Mucolytique : mauve

–    Apaisante du système nerveux : passiflore, mélisse, verveine, coquelicot, orange (feuilles), marjolaine

–    Cicatrisante : calendula

–    Digestive : fenouil

–    Cholagogue : artichaut, pissenlit, radis noir

–    Cholérétique : artichaut, radis noir

    Carminative : anis, basilic

–    Apéritive : sauge, absinthe

–    Antispasmodique : mélisse, menthe

–    Diurétique : bruyère

–    Hormon-like : gattilier, achillée, sauge, houblon

–    Circulatoire : gingko biloba, hamamélis

 

ETC.…

 

CONTRE-INDICATIONS PRINCIPALES à la phytothérapie
  •     allergies : consulter un professionnel pour toute utilisation

  •     femmes enceintes, possibilité d’utiliser certaines plantes

  •     femmes allaitantes

  •     enfants : voir avec un professionnel

  •     certains traitements médicamenteux : anticoagulant, antihypertenseur, antibiotiques, cortisones, antidépresseur etc…

  •     selon les pathologies !

 

De façon générale je vous recommande fortement de toujours consulter une personne qualifiée en phytothérapie, en effet utiliser des plantes requiert des connaissances.

Si les plantes médicinales s’avèrent efficaces et très intéressantes elles n’en sont pas moins risquées en cas de mauvaises utilisations.

 

En voici quelques exemples pour illustrer mon propos :

 

–    Une plante « hormon-like » comme le houblon, qui est œstrogèn-like est contre-indiqué en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant : ovaire, utérus, sein.

–    Une plante « cholagogue » ou « cholérétique » comme l’artichaut, le chardon marie ou le desmodium est contre -indiqué en cas de cas de calcul biliaire.

–    Une « plante circulatoire » comme le gingko biloba est contre-indiqué en cas de prise d’anticoagulants

 

Cela est valable pour toutes classes de plantes, c’est pour cela qu’il est impératif d’avoir des connaissances tant sur le corps humain (biologie, physiologie, anatomie), sur les éventuelles pathologies et sur les plantes (de part une formation SERIEUSE!), ne jouons pas aux apprenties chimistes avec la nature qui contient une pharmacie à ciel ouvert.


Votre médecin doit également toujours être averti dès lors que vous utilisez des plantes médicinales pour éviter toute interférence dans votre traitement.

 En cas d’opération également, les plantes médicinales doivent être suspendues en amont.


Oui, c’est naturel, non ce n’est pas inoffensif, sinon serait-ce médicinale ?

 

PRINCIPAUX EFFETS INDESIRABLES DE PLANTES 

  •     Hépatotoxicité : plantes à alcaloïdes pyrrolizidiniques : consoude bourrache, tussilage, etc…

  •     Neurotoxicité : cétones contenus dans de nombreuses huiles essentielles

  •     Phototoxicité : furocoumarine et naphtodianthrones (ex : contenu dans le millepertuis)

  •     Effets hypertenseurs : réglisse, chardon marie, cassis

 

LES LIMITES DE LA PHYTOTHERAPIE

 

Les plantes médicinales ont pour objectif de stimuler les capacités d’auto-défense d’une personne et d’un organisme en le rééquilibrant.

Son champ d’action demeure limité ! En cas d’urgence vitale, de pathologie nécessitant une intervention chirurgicale, de maladies graves, la phytothérapie n’est évidemment pas recommandé et la médecine allopathique DOIT prendre le relai.

Les plantes anti-infectieuses et antibactériennes, bien qui très intéressantes et puissantes auront une limite si vous avez une infection bronchique ou pulmonaire, les traitements allopathiques seront de rigueur!

TOUT est une question d’équilibre et de bon sens. Chaque excès est néfaste, dans un sens comme dans l’autre.

 

RECOLTER SES PLANTES SOI MÊME, OUI MAIS

 

–    Il faut impérativement vérifier si la plante n’est pas protégée

–    Si la plante est soumise à une autorisation de récolte dans votre commune

–    L’identifier sur le plan botanique

–    Récolter la partie de la plante adéquate

–    Vérifier la date de récolte, toutes les plantes ont une période optimale

–    Selon l’ensoleillement elles contiennent plus ou moins de principes actifs

–    Vérifier que le terrain ne soit pas pollué

 

En conclusion, l’utilisation des plantes médicinales est un réel levier pour optimiser votre bien-être et santé mais seulement si elles sont utilisées à bon escient.

De ce fait, vous recommande fortement de consulter si vous souhaitez consommer des plantes médicinales au quotidien surtout si vous prenez des traitements médicamenteux et avez des pathologies intercurrentes.

 

 

Voici quelques études scientifiques concernant les plantes médicinales :

 

–    Sarris J. Médicaments à base de plantes dans le traitement des troubles psychiatriques : examen mis à jour sur 10 ans. Phytother Res. 2018 juil. 32(7):1147-1162. DOI : 10.1002/PTR.6055. Epub 25 mars 2018. PMID : 29575228.

 

–    Golsorkhi H, Qorbani M, Sabbaghzadegan S, Dadmehr M. Médicaments à base de plantes dans le traitement des enfants et des adolescents atteints de trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDAH) : une revue systématique mise à jour des essais cliniques. Avicenne J Phytomed. 2023 juillet-août ; 13(4):338-353. doi : 10.22038/AJP.2022.21115. PMID : 37663386 ; PMCID : PMC10474921.

 

–    Sarris J, McIntyre E, Camfield DA. Médicaments à base de plantes pour les troubles anxieux, partie 2 : une revue des études cliniques avec preuves précliniques à l’appui. Médicaments du SNC. avril 2013 ; 27(4):301-19. DOI : 10.1007/S40263-013-0059-9. Erratum dans : Médicaments du SNC. Août 2013 ; 27(8):675. Erreur de dosage dans le texte de l’article. PMID : 23653088.

 

–    Sarris J, Panossian A, Schweitzer I, Stough C, Scholey A. Phytothérapie pour la dépression, l’anxiété et l’insomnie : une revue de la psychopharmacologie et des preuves cliniques. Eur Neuropsychopharmacol. Décembre 2011 ; 21(12):841-60. DOI : 10.1016/j.euroneuro.2011.04.002. Epub 23 mai 2011. PMID : 21601431.

  

 

La naturopathie peut vous accompagner dans le choix de vos plantes médicinales en complément de votre suivi et traitement médical.


Cet article est à titre indicatif et ne se substitue pas à votre suivi et traitement médical.

 

Il est possible d'être accompagné.e en naturopathie rééquilibrer votre terrain, rechercher l'origine de vos maux et retrouver un mieux-être nerveux, physique et psychologique à l'aide de méthodes naturelles en lien avec notre suivi médical.

 

Je rappelle que la naturopathie intervient en complément de la médecine.

Je peux vous accompagner en consultation de naturopathie en ligne.




 

ELISA VACQUANT,

Conseillère en naturopathie Certifiée.

Professeure de Yoga Certifiée.

RDV en ligne

Contact :

06 51 73 98 14


Cet article ne se substitue pas à une quelconque consultation : médicale ou en naturopathie.

La naturopathie ne se substitue à aucun traitement, aucune consultation médicale ou avec un spécialiste. La naturopathie est un complément à la médecine allopathique.

Le naturopathe ne pose pas de diagnostic et travaille en lien avec votre médecin.

 

 

 

Comments


bottom of page