POTS classique et POTS hyperadrénergique : deux mécanismes, deux accompagnements différents
Le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) est une manifestation de dysfonction du système nerveux autonome encore trop méconnue. Pourtant, il impacte profondément la qualité de vie et s’inscrit souvent dans un terrain complexe mêlant inflammation chronique, dérèglement neurovégétatif et maladies systémiques.
Il est essentiel de distinguer les différents types de POTS, d’en comprendre les origines et d’adopter une prise en charge globale en naturopathie, complémentaire à la médecine conventionnelle.
Qu’est-ce que le POTS ?
Le POTS correspond à une augmentation excessive de la fréquence cardiaque lors du passage à la position debout, sans chute majeure de tension artérielle. Il s’agit d’un trouble de la régulation autonome, impliquant un déséquilibre entre les systèmes sympathique et parasympathique.
Il ne constitue pas une maladie unique, mais un syndrome multifactoriel, souvent conséquence d’un terrain pathologique sous-jacent.
Les différents types de POTS
1. Le POTS “classique” (neuropathique ou hypovolémique)
Ce type est le plus fréquent.
Mécanismes :
Hypovolémie (volume sanguin bas)
Dysfonction des fibres nerveuses périphériques
Mauvaise vasoconstriction des membres inférieurs
Symptômes :
Tachycardie au lever
Fatigue chronique
Étourdissements
Intolérance à l’effort
“Brainfog” (troubles cognitifs)
Extrémités froides
Approche médicale :
Augmentation des apports en sel et en eau
Bas de contention
Bêtabloquants ou fludrocortisone dans certains cas
2. Le POTS hyperadrénergique
Forme plus complexe et souvent plus invalidante dont on entend beaucoup moins parler et qui doit être détecté car son fonctionnement diffère et donc sa prise en charge.
Mécanismes :
Hyperactivation du système nerveux sympathique
Excès de catécholamines (adrénaline, noradrénaline)
Symptômes spécifiques :
Tachycardie marquée avec hypertension orthostatique
Anxiété intense (souvent physiologique et non psychologique)
Tremblements
Sensation de “surcharge interne”
Insomnie
Palpitations fortes
Approche médicale :
Médicaments régulateurs du système sympathique
Bêtabloquants spécifiques
Clonidine ou autres régulateurs centraux
Ne pas confondre les types de POTS
Confondre ces formes peut entraîner :
Une prise en charge inadaptée
Une aggravation des symptômes
Une errance thérapeutique
Par exemple :
Augmenter fortement le sel peut aider un POTS classique mais aggraver un POTS hyperadrénergique
D’où l’importance d’un diagnostic médical précis et individualisé.
Les origines possibles du POTS
Le POTS est rarement isolé. Il s’inscrit souvent dans un contexte de maladies chroniques :
Infections et déclencheurs fréquents :
COVID-19 (forme longue fréquente)
Encéphalomyélite Myalgique
Borréliose
SIBO/SAMA (troubles digestifs et mastocytose associée)
Infections virales persistantes (EBV, HHV-6)
Autres facteurs :
Terrain inflammatoire chronique
Stress prolongé (physique ou émotionnel)
Troubles hormonaux
Dysbiose intestinale
Carences nutritionnelles
Le POTS est souvent une conséquence d’un terrain déséquilibré, et non la cause principale.
Dysautonomie : pourquoi la traiter est essentiel
Le POTS fait partie d’un ensemble plus large : la dysautonomie.
Sans prise en charge :
Le système nerveux reste bloqué en mode “alerte”
La récupération devient impossible
Les autres traitements perdent en efficacité
Traiter la dysautonomie permet :
De restaurer la capacité d’adaptation du corps
D’améliorer l’énergie
De stabiliser les symptômes
Associations fréquentes à ne pas négliger
1. SAMA / activation mastocytaire
Souvent associée au POTS :
Réactions inflammatoires
Intolérances alimentaires
Flush, démangeaisons, troubles digestifs,
Symptômes ORL
Urticaire
2. Parasitose ou dysbiose
Perturbation du microbiote
Inflammation chronique
Impact direct sur le système nerveux autonome
Ignorer ces facteurs peut bloquer toute amélioration durable.
Conséquences sur l’organisme et le quotidien
Le POTS impacte :
La capacité à rester debout
La concentration
Le sommeil
La digestion
La tolérance à l’effort
Au quotidien :
Difficulté à travailler
Isolement social
Fatigue extrême
Instabilité émotionnelle secondaire
Il ne s’agit pas d’un trouble bénin mais d’un syndrome systémique invalidant.
Soutien du système nerveux autonome : approche naturopathique approfondie
Le soutien naturopathique du POTS repose sur un principe fondamental :
On ne s'occupe pas uniquement du symptôme, on aide à restaurer un système de régulation défaillant.
Le soutien doit être fin, progressif, individualisé, et toujours adaptée au type de POTS.
1. Rééquilibrer le système nerveux autonome (axe prioritaire)
Le cœur du travail est ici.
Le système nerveux autonome dans le POTS a perdu sa capacité d’adaptation :
soit il ne répond pas assez (POTS classique)
soit il répond trop (hyperadrénergique)
Objectif : restaurer la variabilité et la flexibilité.
Outils :
Respiration lente (sans forcer)
Cohérence cardiaque
Stimulation douce du nerf vague (chant, exercice de base (théorie polyvagale), relaxation )
Rythmicité stricte (sommeil, repas, activité)
Réduction des micro-stress physiologiques (hypoglycémie, surmenage, bruit, lumière).
Dans le POTS hyperadrénergique : tout excès de stimulation peut aggraver.
Dans le POTS classique : une stimulation progressive est bénéfique.
2. Phytothérapie ciblée
POTS classique
Objectif : soutenir sans épuiser.
Adaptogènes doux (rhodiola à faible dose par exemple)
Éleuthérocoque si tolérance
Plantes circulatoires (vigne rouge, marronnier)
Toujours démarrer avec de petites doses, car les personnes présentent souvent une hypersensibilité.
POTS hyperadrénergique
Objectif : freiner l’hyperactivité.
Mélisse
Passiflore
Aubépine
Tilleul
Houblon
Les adaptogènes stimulants sont souvent contre-indiqués.
3. Gestion du volume sanguin
Clé dans le POTS classique.
Hydratation fractionnée
Apports en sodium adaptés
Magnésium et potassium
Dormir avec la tête légèrement surélevée → aide à stimuler progressivement les mécanismes de régulation du volume sanguin
Hydratation ++ bien répartie → fondamentale, surtout avec électrolytes adaptés
Surélever les jambes (repos, fin de journée) → favorise le retour veineux et soulage rapidement les symptômes
À adapter finement dans les formes hyperadrénergiques.
4. Axe digestif et microbiote
Le lien intestin–système nerveux est majeur.
Correction de la dysbiose
Travail sur SIBO
Réparation de la barrière intestinale
Un intestin inflammé entretient la dysautonomie.
5. Mastocytes (SAMA)
Quand un SAMA est présent, il empêche souvent toute stabilisation.
Réduction de l’histamine alimentaire
Apaisement inflammatoire
Identification des déclencheurs
Plantes médicinales (en l'absence de traitement médical uniquement pour ne pas faire doublon, le traitement médical est prioritaire) : ortie, plantain
Quercetine
6. Énergie cellulaire/ mitochondries
Souvent effondrée dans ces tableaux.
Soutien micronutritionnel progressif(CoQ10, Gluthation,...)
Respect du pacing
Forcer ralentit la récupération.
7. Le pacing : outil thérapeutique central
Fractionner les activités
Se reposer entre chaque activité (dans le noir et le silence en ne pensant à rien)
Anticiper les activités
Ne jamais aller jusqu’au crash
C’est une discipline, pas une option.
8. Individualisation
Aucun protocole universel n'existe, il faut :
Observer
Ajuster
Tester progressivement.
La réponse de l'organisme guide la stratégie.
Traitement médical : souvent indispensable
Dans les formes avancées, une prise en charge médicale est essentielle et indispensable :
Bêtabloquants
Médicaments du système nerveux autonome
Une approche naturelle seule est souvent insuffisante dans les cas sévères.
POTS : conséquence mais facteur bloquant
Le POTS n’est pas toujours la cause initiale, mais :
Il entretient le cercle vicieux
Il empêche la récupération globale
Il amplifie les symptômes
Sans prise en charge, il peut freiner toute amélioration.
Erreurs fréquentes en naturopathie dans le POTS
Avec le POTS, certaines approches bien intentionnées peuvent aggraver les symptômes si elles ne sont pas adaptées au type de dysautonomie.
1. Ne pas différencier les types de POTS
C’est l’erreur la plus fréquente.
Donner des adaptogènes stimulants à un POTS hyperadrénergique
Forcer sur le sel sans évaluation
Résultat : aggravation, instabilité, perte de confiance du patient.
2. Stimuler un système déjà saturé
Dans les formes hyperadrénergiques notamment :
Trop de respiration forcée
Trop de techniques "activantes"
Trop de compléments en même temps
Le système nerveux ne peut pas intégrer.
3. Aller trop vite
Augmenter les doses trop rapidement
Multiplier les interventions
Vouloir "corriger" en quelques semaines
Le POTS demande lenteur et progressivité.
4. Négliger le pacing
Beaucoup de personnes restent dans :
Une suractivité les jours "avec" et se crashent les jours "sans"
Sans pacing, aucune stabilisation durable n’est possible.
5. Ignorer les cofacteurs (mastocytes, microbiote, infections)
Travailler uniquement le système nerveux mais oublier :
SAMA
Dysbiose
Infections chroniques
bloque l’évolution.
6. Copier des protocoles standards
Chaque POTS est différent.
Réactivité variable
Tolérance variable
Origines différentes
L’approche doit être sur-mesure.
7. Sous-estimer la nécessité du médical
Dans certains cas :
Le système est trop déséquilibré
La régulation naturelle seule ne suffit pas
Refuser le médical peut ralentir voire empêcher l’amélioration.
Conclusion
Le POTS est un syndrome complexe, multifactoriel.
Une prise en charge efficace repose sur :
Une identification précise du type
Une compréhension du terrain
Une approche intégrative
C’est en s'occupant à la fois du terrain et des manifestations que l’on peut espérer une amélioration durable.

ELISA VACQUANT,
Infirmière D.E
Conseillère en naturopathie Certifiée, Approche Intégrative
Professeure de Yogathérapie Certifiée
RDV en distanciel
Contact :
06 51 73 98 14




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