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POTS classique et POTS hyperadrénergique : deux mécanismes, deux accompagnements différents

19 mars
6 min de lecture

Le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) est une manifestation de dysfonction du système nerveux autonome encore trop méconnue. Pourtant, il impacte profondément la qualité de vie et s’inscrit souvent dans un terrain complexe mêlant inflammation chronique, dérèglement neurovégétatif et maladies systémiques.


Il est essentiel de distinguer les différents types de POTS, d’en comprendre les origines et d’adopter une prise en charge globale en naturopathie, complémentaire à la médecine conventionnelle.


Qu’est-ce que le POTS ?


Le POTS correspond à une augmentation excessive de la fréquence cardiaque lors du passage à la position debout, sans chute majeure de tension artérielle. Il s’agit d’un trouble de la régulation autonome, impliquant un déséquilibre entre les systèmes sympathique et parasympathique.


Il ne constitue pas une maladie unique, mais un syndrome multifactoriel, souvent conséquence d’un terrain pathologique sous-jacent.


Les différents types de POTS


1. Le POTS “classique” (neuropathique ou hypovolémique)


Ce type est le plus fréquent.


Mécanismes :


  • Hypovolémie (volume sanguin bas)

  • Dysfonction des fibres nerveuses périphériques

  • Mauvaise vasoconstriction des membres inférieurs


Symptômes :


  • Tachycardie au lever

  • Fatigue chronique

  • Étourdissements

  • Intolérance à l’effort

  • “Brainfog” (troubles cognitifs)

  • Extrémités froides


Approche médicale :


  • Augmentation des apports en sel et en eau

  • Bas de contention

  • Bêtabloquants ou fludrocortisone dans certains cas


2. Le POTS hyperadrénergique


Forme plus complexe et souvent plus invalidante dont on entend beaucoup moins parler et qui doit être détecté car son fonctionnement diffère et donc sa prise en charge.


Mécanismes :


  • Hyperactivation du système nerveux sympathique

  • Excès de catécholamines (adrénaline, noradrénaline)


Symptômes spécifiques :


  • Tachycardie marquée avec hypertension orthostatique

  • Anxiété intense (souvent physiologique et non psychologique)

  • Tremblements

  • Sensation de “surcharge interne”

  • Insomnie

  • Palpitations fortes


Approche médicale :


  • Médicaments régulateurs du système sympathique

  • Bêtabloquants spécifiques

  • Clonidine ou autres régulateurs centraux


Ne pas confondre les types de POTS


Confondre ces formes peut entraîner :


  • Une prise en charge inadaptée

  • Une aggravation des symptômes

  • Une errance thérapeutique


Par exemple :


  • Augmenter fortement le sel peut aider un POTS classique mais aggraver un POTS hyperadrénergique


D’où l’importance d’un diagnostic médical précis et individualisé.


Les origines possibles du POTS


Le POTS est rarement isolé. Il s’inscrit souvent dans un contexte de maladies chroniques :


Infections et déclencheurs fréquents :


  • COVID-19 (forme longue fréquente)

  • Encéphalomyélite Myalgique

  • Borréliose

  • SIBO/SAMA (troubles digestifs et mastocytose associée)

  • Infections virales persistantes (EBV, HHV-6)


Autres facteurs :


  • Terrain inflammatoire chronique

  • Stress prolongé (physique ou émotionnel)

  • Troubles hormonaux

  • Dysbiose intestinale

  • Carences nutritionnelles


Le POTS est souvent une conséquence d’un terrain déséquilibré, et non la cause principale.


Dysautonomie : pourquoi la traiter est essentiel


Le POTS fait partie d’un ensemble plus large : la dysautonomie.


Sans prise en charge :


  • Le système nerveux reste bloqué en mode “alerte”

  • La récupération devient impossible

  • Les autres traitements perdent en efficacité


Traiter la dysautonomie permet :


  • De restaurer la capacité d’adaptation du corps

  • D’améliorer l’énergie

  • De stabiliser les symptômes


Associations fréquentes à ne pas négliger


1. SAMA / activation mastocytaire


Souvent associée au POTS :


  • Réactions inflammatoires

  • Intolérances alimentaires

  • Flush, démangeaisons, troubles digestifs,

  • Symptômes ORL

  • Urticaire


2. Parasitose ou dysbiose


  • Perturbation du microbiote

  • Inflammation chronique

  • Impact direct sur le système nerveux autonome


Ignorer ces facteurs peut bloquer toute amélioration durable.


Conséquences sur l’organisme et le quotidien


Le POTS impacte :


  • La capacité à rester debout

  • La concentration

  • Le sommeil

  • La digestion

  • La tolérance à l’effort


Au quotidien :


  • Difficulté à travailler

  • Isolement social

  • Fatigue extrême

  • Instabilité émotionnelle secondaire


    Il ne s’agit pas d’un trouble bénin mais d’un syndrome systémique invalidant.


Soutien du système nerveux autonome : approche naturopathique approfondie


Le soutien naturopathique du POTS repose sur un principe fondamental :


On ne s'occupe pas uniquement du symptôme, on aide à restaurer un système de régulation défaillant.


Le soutien doit être fin, progressif, individualisé, et toujours adaptée au type de POTS.


1. Rééquilibrer le système nerveux autonome (axe prioritaire)


Le cœur du travail est ici.

Le système nerveux autonome dans le POTS a perdu sa capacité d’adaptation :


  • soit il ne répond pas assez (POTS classique)

  • soit il répond trop (hyperadrénergique)


Objectif : restaurer la variabilité et la flexibilité.


Outils :


  • Respiration lente (sans forcer)

  • Cohérence cardiaque

  • Stimulation douce du nerf vague (chant, exercice de base (théorie polyvagale), relaxation )

  • Rythmicité stricte (sommeil, repas, activité)

  • Réduction des micro-stress physiologiques (hypoglycémie, surmenage, bruit, lumière).


Dans le POTS hyperadrénergique : tout excès de stimulation peut aggraver.


Dans le POTS classique : une stimulation progressive est bénéfique.


2. Phytothérapie ciblée

POTS classique


Objectif : soutenir sans épuiser.


  • Adaptogènes doux (rhodiola à faible dose par exemple)

  • Éleuthérocoque si tolérance

  • Plantes circulatoires (vigne rouge, marronnier)


Toujours démarrer avec de petites doses, car les personnes présentent souvent une hypersensibilité.


POTS hyperadrénergique


Objectif : freiner l’hyperactivité.


  • Mélisse

  • Passiflore

  • Aubépine

  • Tilleul

  • Houblon


Les adaptogènes stimulants sont souvent contre-indiqués.


3. Gestion du volume sanguin


Clé dans le POTS classique.


  • Hydratation fractionnée

  • Apports en sodium adaptés

  • Magnésium et potassium

  • Dormir avec la tête légèrement surélevée → aide à stimuler progressivement les mécanismes de régulation du volume sanguin

  • Hydratation ++ bien répartie → fondamentale, surtout avec électrolytes adaptés

  • Surélever les jambes (repos, fin de journée) → favorise le retour veineux et soulage rapidement les symptômes


À adapter finement dans les formes hyperadrénergiques.


4. Axe digestif et microbiote


Le lien intestin–système nerveux est majeur.

  • Correction de la dysbiose

  • Travail sur SIBO

  • Réparation de la barrière intestinale


Un intestin inflammé entretient la dysautonomie.


5. Mastocytes (SAMA)


Quand un SAMA est présent, il empêche souvent toute stabilisation.


  • Réduction de l’histamine alimentaire

  • Apaisement inflammatoire

  • Identification des déclencheurs

  • Plantes médicinales (en l'absence de traitement médical uniquement pour ne pas faire doublon, le traitement médical est prioritaire) : ortie, plantain

  • Quercetine


6. Énergie cellulaire/ mitochondries


Souvent effondrée dans ces tableaux.


  • Soutien micronutritionnel progressif(CoQ10, Gluthation,...)

  • Respect du pacing


Forcer ralentit la récupération.


7. Le pacing : outil thérapeutique central


  • Fractionner les activités

  • Se reposer entre chaque activité (dans le noir et le silence en ne pensant à rien)

  • Anticiper les activités

  • Ne jamais aller jusqu’au crash


C’est une discipline, pas une option.


8. Individualisation


Aucun protocole universel n'existe, il faut :

  • Observer

  • Ajuster

  • Tester progressivement.


La réponse de l'organisme guide la stratégie.


Traitement médical : souvent indispensable


Dans les formes avancées, une prise en charge médicale est essentielle et indispensable :


  • Bêtabloquants

  • Médicaments du système nerveux autonome


Une approche naturelle seule est souvent insuffisante dans les cas sévères.


POTS : conséquence mais facteur bloquant


Le POTS n’est pas toujours la cause initiale, mais :


  • Il entretient le cercle vicieux

  • Il empêche la récupération globale

  • Il amplifie les symptômes


Sans prise en charge, il peut freiner toute amélioration.


Erreurs fréquentes en naturopathie dans le POTS


Avec le POTS, certaines approches bien intentionnées peuvent aggraver les symptômes si elles ne sont pas adaptées au type de dysautonomie.


1. Ne pas différencier les types de POTS


C’est l’erreur la plus fréquente.


  • Donner des adaptogènes stimulants à un POTS hyperadrénergique

  • Forcer sur le sel sans évaluation


Résultat : aggravation, instabilité, perte de confiance du patient.


2. Stimuler un système déjà saturé


Dans les formes hyperadrénergiques notamment :


  • Trop de respiration forcée

  • Trop de techniques "activantes"

  • Trop de compléments en même temps


Le système nerveux ne peut pas intégrer.


3. Aller trop vite


  • Augmenter les doses trop rapidement

  • Multiplier les interventions

  • Vouloir "corriger" en quelques semaines


Le POTS demande lenteur et progressivité.


4. Négliger le pacing


Beaucoup de personnes restent dans :

  • Une suractivité les jours "avec" et se crashent les jours "sans"


Sans pacing, aucune stabilisation durable n’est possible.


5. Ignorer les cofacteurs (mastocytes, microbiote, infections)


Travailler uniquement le système nerveux mais oublier :


  • SAMA

  • Dysbiose

  • Infections chroniques


bloque l’évolution.


6. Copier des protocoles standards


Chaque POTS est différent.


  • Réactivité variable

  • Tolérance variable

  • Origines différentes


L’approche doit être sur-mesure.


7. Sous-estimer la nécessité du médical


Dans certains cas :


  • Le système est trop déséquilibré

  • La régulation naturelle seule ne suffit pas


Refuser le médical peut ralentir voire empêcher l’amélioration.


Conclusion


Le POTS est un syndrome complexe, multifactoriel.


Une prise en charge efficace repose sur :

  • Une identification précise du type

  • Une compréhension du terrain

  • Une approche intégrative


C’est en s'occupant à la fois du terrain et des manifestations que l’on peut espérer une amélioration durable.


ELISA VACQUANT,

Infirmière D.E

Conseillère en naturopathie Certifiée, Approche Intégrative

Professeure de Yogathérapie Certifiée


RDV en distanciel

Contact :

06 51 73 98 14

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